Les
témoignages des élèves :
Voici
les témoignages de quelques (courageux) élèves....merci
à eux....
JADE
:
Age : 17 ans
Etudiante
Témoignage sur l'année passée
:
En
temps que bachelière, l’influence des arts martiaux
sur mes études se remarque peut-être moins que pour
ceux qui appartiennent au monde du travail, mais en fait elle
se fait de plus en plus présente sans que je m’en
rende compte. Principalement au niveau de la force de ma volonté
où j’arrive à me maintenir concentrée
plus longtemps et à étudier plus efficacement. Je
me force à écouter les cours ou à faire les
contrôles au maximum de mes capacités même
si je suis fatiguée ou si ce que l’on fait ne m’intéresse
pas.En fait, la pratique des arts martiaux m’habitue à
faire un effort permanent sur moi-même pour essayer de faire
plus, de supporter avec calme ce qui m’aurait énervée
très vite ou même à surmonter le stress.
Je
pense que cela est dû en partie au fait que pendant les
cours d’arts martiaux, on doit maîtriser la douleur
que l’on ressent surtout quand les coups se répètent
plusieurs fois de suite, c’est pesant psychologiquement.Pendant
que l’on pratique, on essaye de faire le vide dans sa tête,
de ne penser à rien. On nous apprend entre autre à
faire chaque chose en étant concentrée que sur cette
chose uniquement.
Ainsi,
on en profite à fond puis on la fait mieux. L’enseignement
apporte une force morale et une sérénité,
et bien sûr un bien-être physique. Le corps devient
plus résistant et plus souple. Se maintenir en bonne santé
aide forcément pour tout.
En
plus, ça augmente ma moyenne en sport. Les arts martiaux
apportent aussi quelque chose d’important qui est l’assurance
et la détermination. Pour les études, avoir confiance
en soi et penser que l’on va réussir un examen joue
beaucoup sur les résultats.
Cela
doit surtout se ressentir pour les personnes qui ont un travail
mêlé aux relations humaines, dans le commercial par
exemple, qui veulent atteindre leur but et s’imposer.
Témoignage stage d'été :
Le
stage de cette semaine a apporté beaucoup de choses sur
des points complètement différents. Dans un premier
temps, pratiquer pendant une semaine nous fait progresser en accéléré.
Je
pense que l’on est capable d’endurer plus et plus
longtemps. Un cours du soir ne me semblait pas plus long qu’une
vingtaine de minutes. Les bases ont été reprises
et solidifiées, d’autant plus qu’elles ont
été revues depuis le tout début, avec des
principes comme les différents déplacements de pieds
par exemple.
Les
techniques ont été revues une par une et plus en
profondeur. D’autre part, le stage a été très
complet ; on a aussi bien travaillé le corps à corps
que les armes, ce qui a été agréable et reposant.
En
plus, je trouve personnellement que ça a donné envie
de s’inscrire aux cours de sabre. Dans un troisième
temps, le stage a donné une idée plus concrète
du niveau à atteindre dans la pratique, de l’histoire
du ninjutsu et de toutes les connaissances qui s’y cachent.
Mais
pendant toute la semaine, l’accent a surtout été
mis sur les huit directions. Je pense qu’il faut surtout
en retenir que les déplacements sont primordiaux devant
les techniques.
JOEL
:
Age : 24 ans
Lorsque je pense à la pratique, la première chose
qui me vient à l’esprit est l’évolution,
je me rappelle encore ce jour (il y a presque 2 ans maintenant)
où je poussa la porte d’un dojo et y vis un enseignement
selon la tradition du Budo, ce fut un univers à part entière
qui s’ouvrit à moi, univers où la pratique
n’est pas une finalité mais un moyen/chemin de vie
pour parvenir à l’une des chose essentiel à
mes yeux, la connaissance de soi.La vie est mouvement, rythme…
la pratique, fait partie de la vie et évolue donc en circonstance,
les outils mis à notre disposition dans la pratique du
ninjutsu sont multiples : ex : le principe des cinq éléments,
ils sont utiles à tous niveaux : vie professionnelle, personnel,
etc…car ils permettent de réagir en fonction des
circonstances et d’utiliser l’élément
le plus adéquat à la situation.
Ces principes ne se limitant pas non plus à l’aspect
purement stratégique du combat, rappelons pour l’historique
que les principaux Budo ont élaborés sur le GORIN
NO SHO et que les cinq éléments sont également
utilisés en Chine et même en Inde dans la médecine
ayurvédique datant de 5 millénaire ! on peut donc
imaginer la richesse de ces principes. A cet effet,, c’est
l’homme tout entier que l’on fait évoluer,
partant du grossier vers le subtil : CHI vers KU (terre vers l’éther)
dans l’ordre : CHI ,SUI, KA, FU, KU.
En
effet, la pratique permet de travailler sur les différents
aspects de l’homme : physique, émotionnel et mental.
La
pratique est une sorte de retour au source où l’on
s’exprime sans artifice, simplement l’être dans
toute sa splendeur, sans égo ni mental, sans limitation,
dans le rythme de la conscience où la technique s’en
trouve transcendé. L’autre n’étant là
que pour révéler notre excellence, il y a union,
la connaissance prend le dessus sur l’ignorance, l’amour
détruit la haine, il suffit de voir un kata de sabre par
Virginie et Jean-François pour se rendre compte de manière
pratique de tous ces principes qui font la beauté ainsi
que de la richesse de cet art !
Pour
arriver à ce résultat, que ce soit en ninjutsu ou
en sabre, il faut avant tout calmer le mental, c’est pour
cela que nous avons tendance dans un premier temps à épuiser
le mental et le physique pour que l’on puisse commencer
à travailler sur soi de manière plus subtil et en
sensation, base de notre art.
Ce travail pour calmer le mental n’est plus nécessaire
à un certain niveau, (c’est loin d’être
mon cas, surtout en nin !), mais il a l’avantage de permettre
aux pratiquants de former leurs corps et donc de travailler sur
la première marche à gravir, poser des fondations
stable, un corps musclé et puissant. Le CHI.
La symbolique du dojo en tant que lieu saint de pratique est très
importante à mes yeux car il permet par respect de la tradition
dans un premier temps d’être dans une attitude sérieuse
de travail et dans sa symbolique d’évacuer les maux
de la journée de mettre le mental dans des conditions adéquates
de travail, c’est à dire au repos !
Tout ceci, demande bien entendu beaucoup d’investissement,
de sincérité, de sérieux ainsi que de sacrifice,
ce qui n’est rien au vue de la naissance qui s’opère
en nous en tout point de vue.
Je trouve le terme français « Sentier, Voie »
(en image du migi japonais) intéressant car le chemin n‘est
pas toujours indiqué sur un sentier, il convient donc d’être
vigilant à ne pas tomber dans les différents pièges
et limitations de l’esprit que l’on peut rencontrer
au cours de la pratique.
Ce fut mon cas, heureusement, Jean-François est là
pour veiller à notre évolution, c’est parfois
lui-même qui nous tend volontiers un piège dans le
but de nous faire prendre conscience de nos propres limites et
du travail qu’il y a à faire.
Cela
peut s’apparenter à de l’éducation,
j’estime que lorsque nous commençons la pratique,
nous sommes des enfants en accord avec notre époque, des
victimes consententes ou débordés par cette société
de consommation…au fut et à mesure du temps et de
la pratique, on se rend compte de l’évolution et
du goût de notre vie qui change, pour quelqu’un de
plutôt introverti comme moi, on prend confiance, on devient
très serein et calme, on ne répond plus à
son supérieur que parce que le mental est chamboulé
et l’énervement prend le dessus, on gère tranquillement
le stress, la peur, toutes les limitations du mental qui sont
travaillés continuellement au dojo (nos propres limitation
sont nos freins à l’évolution) les relations
sont totalement changés et le résultat est tout
autre !!
Puis
au passe au stade de l’adolescence, je dirais que cela correspond
plus à ma deuxième année ou tout est passé
du blanc au noir pendant quelques mois…puis enfin au stade
d’adulte et donc d’homme agissant en son âme
et conscience ayant brulé toutes les limitations de l’égo
et du mental, car au final la seule limitation d’une personne
est elle-même et se connaître, c’est connaître
l’univers tout entier !
MATHIEU
:
Age : 20 ans
Etudiant en Médecine
Mathieu Genuini, étudiant en deuxième année
de médecine à la Faculté de médecine
Paris Descartes (fusion des CHU Cochin-Necker-Broussais)
J’ai
débuté l’apprentissage du ninjutsu en septembre,
depuis je pratique régulièrement.
Pour commencer je dirais que jai appris à travailler sur
mon corps, la perception que j’en ai, connaître ses
limites ses capacités cela me permettant de mieux le contrôler
que ce soit purement physique mais aussi dans les relations sociales,
les rapports humains que je peux avoir au cours de mon cursus
médical et dans ma vie en général.
Arriver à donner une image de moi qui est en accord avec
ce que je suis.
Le
travail sur le corps implique forcément un travail sur
l’esprit puisque les deux sont intimement liés, on
apprend à sentir, comme je l’ai déjà
dit la perception est importante dans l’enseignement du
ninjutsu cette perception est uniquement sensorielle il ne s’agit
pas de télépathie ou autres capacités surnaturelles,
il s’agit d’utiliser ses cinq sens au maximum ce qui
est une chose que l’on oublie beaucoup trop souvent de faire.
Cinq sens c’est déjà énorme avec ça
on peut observer interroger ausculter palper percuter (en médecine
4 sens suffisent à présent car il n’est plus
nécessaire de goûter les urines…)… Ceci
constitue la base de l’examen clinique en médecine
et permet déjà d’orienter vers un diagnostic
de comprendre de quoi souffre un patient.
Quel lien alors entre cet examen qui est le fondement de la médecine
et la pratique du budo ?
Le budo me fait aussi travailler la perception de l’autre
de son corps et de l’esprit qui l‘anime, il permet
de développer les sens de manière, d’une part,
à mieux se connaître et, d’autre part, à
augmenter sa réceptivité vis-à-vis du monde
phénoménal, tout en gardant le recul de sa conscience.
Ce recul qui permet de ne laisser transparaître que les
émotions qu’on veut bien montrer et de ne pas perdre
de vue ce pourquoi on est présent. Cela rend possible l’attitude
de neutralité bienveillante très importante en médecine.
En effet, s’il est important de bien comprendre la personne
que l’on a en face de soi, il est primordial pour apporter
de l’aide que l’image que l’on donne à
son patient soit positive.
Il faut essayer d’avoir la vision la plus globale possible
afin d’être le plus objectif possible, je pense que
travailler à cela est très utile dans la vie, quelque
soit notre profession quelques soient nos convictions.
Je
pense que cet enseignement ne m’a pas métamorphosé
mais il m’aide à être en accord avec la façon
de vivre que je désire. De plus, je ne fais que débuter
et je ne peux pas mesurer exactement tout ce qu’il qm’ouvre
comme perspectives nouvelles.
OLIVIER :
Age : 43 ans
Après 9 mois de pratique, l'enseignement de Maître
Beaudart m'a déjà apporté bien plus que la
simple pratique d'un art de combat. C'est plus une philosophie
de vie (que j'avais peut-être déjà au fond
de moi, mais qu'il suffisait de révéler un peu plus)
qui me vient a l'esprit. Et grâce a cela, je dirais que
les bénéfices immédiats, pour ma vie de tous
les jours, me semblent être les suivants:
Controle de soi, permettant d’être opérationnel,
ou tout au moins efficace, même dans des situations délicates
et difficiles à gérer.
La
pratique du Nin ou du sabre permet d'accepter 3 choses inhérentes
à toute vie sociale:
- La notion d'attaque, qu'elle soit verbale (confrontation d’idées
au bureau) ou physique. Cette acceptation nous évite d'être
pris au dépourvu et donc de manquer de réactivité
face à une nouvelle situation (concurrent très "agressif"
commercialement sur notre secteur, nouveau job, etc...)
- La canalisation de ses craintes ou doutes. Nous en avons tous,
qu'ils soient liés à notre physique, niveau d'étude,
réussite scolaire ou professionnelle, peur du vide, de
l'eau, etc...Cette canalisation nous permet de "calmer le
jeu", et être à même de réfléchir
sereinement et objectivement.
-
De la confrontation, ou contradiction naît l'action. Sans
partenaire, point de combat, sans attaque, point de parade ! Pareillement,
sans équipe de travail ni collaborateur, pas d'émancipation,
ni de nouvelles idées, ni de développement !
-
Ouverture d'esprit, permettant de trouver des solutions à
la majorité des problèmes de la vie professionnelle
ou privée.
-
Toute erreur doit être acceptée, car c'est la seule
manière de progresser. C'est la phrase de salut du Dojo,
mais c'est avant tout l'une des premières leçons
de vie: La notion de progrès passe systématiquement
par une phase de recherche (et donc d'erreurs), dont nous tirons
les enseignements.
-
Il n'y a jamais qu'une seule solution à une difficulté.
La recherche d'autres possibilités (ou différents
types de parades et ripostes en Nin) fait progresser. Tout n'est
pas inscrit dans les livres, c'est à nous qu'il appartient
de trouver d'autres moyens pour arriver à nos fins. Seule
notre imagination nous permettra de protéger notre planète,
changer de profession pour survenir aux besoins de notre famille,
ou ...développer un nouveau logiciel d'exploitation que
tous les ordinateurs du monde utiliseront (Zut, trop tard !)
-
La sensibilité nécessaire à toute action.
La logique et la réflexion sont bien sûr importantes
avant l'action, mais nous avons trop tendance à masquer
notre "ressenti" ou instinct. Or, c'est grâce
à lui que l'homme a survécu, voire que certaines
espèces arrivent à pressentir des catastrophes.
Notre cerveau a trop tendance à "prendre la main".
Détente
et sérénité, indispensables à une
vie équilibrée entre travail et famille.
-
La maîtrise d'un art amène toujours à un certain
bien-être, car il y a accord entre ce que nous ressentons
et ce que nous réalisons vraiment.
- Les tensions (ou le stress) proviennent souvent d'un déséquilibre
entre ce que nous voulions faire et le résultat obtenu
(vie professionnelle ne se développant pas comme nous l'avions
imaginé il y a 10 ans,surcharge de travail alors que nous
devions partir plus tôt...).
La sérénité permet de relativiser et de se
recentrer sur ce qui est vraiment important.
-
Inversement, la confiance en soi (non excessive) ainsi que le
bien être procuré par le Nin, peuvent être
bénéfiquement renvoyés sur les autres, et
donc amener un équilibre indispensable à un épanouissement
familial ou professionnel.
ARNAUD
:
Age : 33 ans
Chef de Projet
L’enseignement du ninjutsu en soit n’est
pas une finalité mais un travail sur soi-même. Là
ou d’autres sports ou arts martiaux ne semblent révéler
qu’une partie de nous (parce que souvent mal pratiqués),
le ninjutsu oblige le pratiquant à comprendre ses forces,
faiblesses et surtout incite à apprendre. Apprendre, dans
la vie de tous les jours, apprendre des autres, et apprendre à
se connaître.
Chaque homme dans sa vie active se retrouve à un moment
ou un autre confronté à un problème. La où
certains pourront baisser les bras, le pratiquant essaiera de
comprendre les choses et de ne pas voir simplement le problème.
Ce n’est pas parce le pratiquant est différent des
autres, mais parce que sa pratique physique, l’amène
à aller au-delà de ce que l’on voit.
Dans
ma vie professionnelle, l’enseignement du ninjutsu m’apporte
le calme face à des réactions abusives, la sérénité
car aucun problème n’est insurmontable, et surtout
la confiance en moi. Car j’apprends à travers mes
réactions un nouveau langage, un langage à déchiffrer,
à étudier.
Jean-François
Beaudart nous enseigne certes le ninjutsu, mais d’une façon
moderne et innovante, qui nous lie les uns aux autres par le respect
mutuel, et par la pratique d’un art millénaire
GILLES
:
Age :
Je ressens une plus grande confiance en moi et un apaisement dans
mon corps.
J’ai un boulot où je ne bouge pas beaucoup.
Le fait de pratiquer me permets de me dépenser et de sentir
une énergie qui me donne envie d’aller plus loin.
En pratiquant, je me prends moins la tête sur les problèmes
que l’on rencontre au boulot.
Les arts martiaux me donnent des ailes et m’encourage à
me battre.
J’envisage de changer de boulot et de m’orienter vers
quelque chose qui va plus avec mon caractère.
Je prends de plus en plus confiance en moi.
Dans la vie, il faut de temps en temps prendre des risques et
je pense que les arts martiaux vont pouvoir m’aider à
atteindre mon nouvel objectif professionnel.
Je désire trouver un emploi dans la sécurité,
protéger les gens ou bien me lancer dans le commerce en
vendant des produits Japonais.
Les arts martiaux sont l’une de mes passions et faire ce
que l’on aime dans la vie nous permets de voir plus clair.
Il y a quelques années, j’étais dans la police
en tant qu’Adjoint de Sécurité.
J’ai été formé pendant un mois et demi.
J’ai trouvé la formation trop courte et je ne me
suis pas senti près à me retrouver dans la rue avec
une arme à feu.
J’ai donc changé de boulot et aujourd’hui avec
ce que je ressens, je sais que les arts martiaux m’aurait
permis de vaincre se doute.
Aujourd’hui, je commence à avancer et à mieux
me connaître.
Pratiquer permets de faire une recherche sur soi-même et
d’affronter les problèmes quotidiens que l’ont
trouvent dans la vie professionnels et dans la vie en général.
GREGORY
:
Age : 31 ans
Conseiller de clientèle bancaire
De la maternelle jusqu’à l’aboutissement de
notre scolarité, nous étudions auprès de
nombreux enseignants.
Sans eux, comment aurions-nous appris à écrire,
lire ou calculer ?
Si nous n’avons personne pour nous montrer comment nous
y prendre, nous avons beaucoup de mal à réaliser
quoi que ce soit.
En dehors de l’école, le mot « Maître
» désigne celui qui nous montre « le Chemin
» ou « la Voie ».
Cependant, un Maître (Senseï en japonais) ne dira pas
à son disciple : « Je suis ton Gourou ».
Il n’y a que le disciple qui puisse choisir son enseignant.
Ceci
étant, un vieux proverbe tibétain dit : «
Lorsque le disciple est mûr, le Maître apparaît
»
En Août 2003, j’étais au bord de la dépression.
Usé par une situation professionnelle peu épanouissante
et continuellement perturbé par la peur de l’inconnu,
l’ignorance et le doute quant à la finalité
et au pourquoi de la Vie, je me disait « à quoi bon
continuer ? ».
Je
n’arrivais même plus à puiser à l’intérieur
de moi la force pour mes actions extérieures.
A 29 ans, j’étais l’ombre de moi-même
!
A cette époque, j’aurais tout donné pour lâcher
prise, pour me libérer de mon personnage qui m’emprisonnait.
Je ne savais pas comment faire et il n’y avait personne
pour m’indiquer une méthode.
« C’est dans le Silence et la solitude qu’on
entend l’essentiel »
Ainsi,
un soir alors que je rentrais du bureau, je ressenti une soudaine
envie de m’inscrire dans un Dojo.
Je vous passe les détails et en septembre 2003, accompagné
de mon ami Joël, j’assistais à mon 1er cours
de Ninpô Taïjutsu, au sein du DOJO Alésia de
Jean-François Beaudart.
Là,
à l’intérieur de moi, je ressenti un «choc
» !
J’avais, certes, déjà entendu parler de cette
Voie (avec tout ce que cela peut véhiculer…) mais
la découvrir «ailleurs que sur Internet »,
fut une toute autre réalité.
Je voyais Jean-François bouger (avec ou sans arme) avec
fluidité, rapidité, précision, tout en faisant
preuve d’efficacité, sans être « brute
».
Je n’avais pas saisi grand-chose mais l’expression
qui me vint fût: «c’est magique » !
Sans tarder, je revins le cours suivant pour essayer.
Durant
les premières semaines, porter le Kimono, faire le Salut
et appartenir à un groupe de gens qui m’étaient
jusqu’alors inconnus me mettaient mal à l’aise.
De plus, pendant les cours, je n’étais pas très
attentif, je parlais et je plaisantais avec mes camarades.
Bref, je n’en faisais qu’à ma tête, persuadé
que le simple fait de venir au DOJO et pratiquer 5-6 heures par
semaine ferait de moi le « Ninja invincible » (Vous
savez, celui qu’on voit à la télé…).
« Shikin Haramitsu Daikômyo »
(Dans
chacune de nos actions de la vie quotidienne il y a quelque chose
à apprendre).
Au
DOJO, les premières choses qui me furent enseignées
furent la Discipline et l’Etique :
- A savoir : être propre avant de monter sur le Tatami,
le saluer avant d’entrer et sortir, saluer son partenaire
avant et après chaque exercice, respecter la loi Sempaï-Kohaï,
se tenir assis et droit sur le Tatami, porter correctement le
Kimono et ne consommer ni drogue, ni alcool sous peine de renvoi
immédiat.
Ce
passage bouleversa mes « petites habitudes quotidiennes
», ma vision de la Vie et mes opinions, à tel point
que je me demandais si je n’étais pas tombé
dans une « secte » !
De plus, les remarques parfois « acides » de Jean-François
et Virginie concernant ma pratique me rendaient nerveux car elles
« appuyaient là où ça fait mal ».
J’avait
beau me cacher la Vérité, je restais néanmoins
bavard, dissipé, impoli (je coupais souvent la paroles
aux autres), et avec un égo si « enflé »
qu’il en devenait un barrage insurmontable pour moi-même.
Bref, j’étais « un petit con ».
Jean-François
fit preuve de patience et d’indulgence car « la première
année, il nous laisse nous amuser… ».
Je vous confirme qu’il n’attendit pas un an pour me
« secouer les puces » !
Lorsqu’il estime que vous êtes « en bonne voie
», il vous faut vous préparer physiquement et psychologiquement
car tout en vous épaulant, il vous tendra des pièges;
démarche nécessaire pour toute progression.
« Le but ultime de la spiritualité est la dissolution
de l’égo »
Adhérer
à une certaine description de soi-même facilite la
vie en société mais ne nous aide pas pour l'exploration
intérieure et ne peut pas nous rendre heureux !
En agissant de la sorte, je compris que c’était le
seul moyen de me faire prendre conscience de mes défauts
et les nettoyer à la racine.
Au bout de 2 ans, je viens seulement de commencer le travail !
« En Ninjutsu, avant de s’occuper de la tête,
on commence par les pieds »
L’étude
des KAMAE (postures) m’ont souvent paru rébarbatives
voir inutiles. Pourtant, c’est véritablement la «
clé de voûte » de la pratique. Grâce
à elles, on bâtit les fondations de notre corps et
de notre esprit. On doit les travailler à chaque cours.
N’ayant pas assez passé de temps dessus, je repasse
par la case « débutant » à la rentrée
prochaine pour les approfondir.
Grâce
au TEN RYAKU NO MAKI (ensemble des techniques d’esquives
et de déplacements) et parce que le Ninjutsu symbolise
l’art de la distance, je découvris que savoir bouger
est la base.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, «
prendre conscience de mes orteils » était pour moi
nouveau.
Cette partie du TEN CHI JIN est très éprouvante
et demande un travail constant durant toute la pratique.
Je ne vous cache pas que j’ai fais également l’erreur
de ne pas assez l’approfondir.
A l’avenir, je m’y consacrerai entièrement
car je veux progresser.
Le
CHI RYAKU NO MAKI (torsions, contrôles, projections,…)
me fit vite comprendre que « la puissance brutale »
n’est pas toujours synonyme d’efficacité durant
le combat.
De ce que j’ai pu retenir, l’important pour exécuter
une technique, c’est d’abord se placer correctement
pas rapport à Uke (le partenaire).
Ensuite, c’est répéter x et x fois la technique
jusqu’à ce que le mouvement devienne un réflexe
naturel.
Enfin, augmenter progressivement la vitesse d’exécution
pour « vivre le mouvement naturellement ».
Aller trop vite et « mentaliser » ne sert à
rien; Convaincu de tout comprendre, je cogitais sans cesse sur
la technique au lieu d’en saisir le principe.
Le
JIN RYAKU NO MAKI (Intersection entre les déplacements
et les techniques) m’a permis de corriger mes problèmes
de coordination corporelle, de mieux me situer dans l’espace,
de développer mes sens et ma concentration et d’affiner
mon intuition.
Le
travail basé sur la GORIN STUPA (les 5 éléments)
m’aide à mieux visualiser et ressentir le mouvement
à exécuter. Cela me permet également de m’adapter
selon la distance d’attaque de UKE et choisir la réponse
adéquate.
Ce qui est fascinant avec les éléments, c’est
qu’on peut les appliquer dans n’importe quel domaine
(relations humaines, travail, attitudes, stratégie, …).
Serait-ce le «secret des secrets » ?
Ces deux premières années de pratique au sein du
DOJO de Jean-François BEAUDART m’ont fait «
grandir ».
Que
ce soit sur le plan professionnel, relationnel ou de la vie privée,
je suis aujourd’hui une personne plus équilibrée,
positive et à l’écoute des autres.
Bien
loin d’être un élève modèle,
j’ai néanmoins pris la décision d’arrêter
la musique pour m’y consacrer sérieusement à
la rentrée prochaine.
La
vie est trop courte pour que je perde mon temps dans des futilités.
Pour
conclure, j’ai choisi 3 citations qui m’évoquent
la pratique.
« Le héros quitte le monde des jours ordinaires pour
s’aventurer dans la contrée du merveilleux surnaturel,
y rencontre des forces fabuleuses et remporte une victoire décisive.
Le héros revient de cette mystérieuse aventure avec
le pouvoir de conférer des bienfaits à ses semblables
»
(Joseph CAMPBELL)
«
Le BUDO symbolise le travail sur l’Amour Divin et les lois
de la création »
( Ô Senseï UYESHIBA)
«
Jusqu’à ce que vous trouviez la Voie,
vous errerez de par le monde,
Le précieux Bouddha caché en vous.
Comme emballé dans un tas de chiffons.
… Déballez-le vite,
Ce précieux Bouddha qui est en vous ! » (Extrait
du Soutra du Bouddha)
ANTOINE
Age : 26 ans
Chercheur en microbiologie et biologie moléculaire
"Qu'a apporté le Nin-jutsu à votre
vie?" Ou plus prosaïquement "Pourquoi payez vous
pour venir vous faire taper dessus deux fois par semaine?".
Tout pratiquant un peu sensé se pose un jour ces questions,
et se doit d'essayer d'y répondre. Nous avons tous poussé
la porte d'un Dojo pour résoudre un problème, pour
combler un manque, conscient ou non... Sur ce que m'a apporté
le Nin-jutsu dans la vie en général, je pourrais
en écrire des pages, et pas forcément des plus passionnantes
et des plus originales. Je vais donc me limiter à ce que
cet art martial a apporté à l'exercice de mon métier
en particulier. De ma première année de pratique,
je tire cinq leçons fondamentales, qui ne sont pas des
secrets, mais seulement du bon sens, dont la banalité fera
sans doute sourire mes collègues s'ils me lisent. L'avantage
de la pratique est qu'on en voit tout de suite les effets concrets,
et aujourd'hui je suis convaincu que beaucoup de chercheurs auraient
bien besoin de faire un tour par un Dojo, et que la science ne
s'en porterait que mieux.
Leçon n°1: la recherche est un métier d'humilité:
avec des outils indirects et imparfaits, nous tentons de comprendre
des phénomènes infiniment complexes qui nous dépassent
et nous dépasseront toujours. Nous autres biologistes aurons
toujours une image fausse, simplifiée et déformée
du fonctionnement des organismes vivants. En Nin-jutsu même
(et surtout!) le mouvement le plus anodin est en fait redoutablement
profond et complexe. Quel débutant n'a jamais pensé
que muso dori ou omote gyaku étaient faciles, alors que
la plupart d'entre nous non seulement ne saurons jamais le faire
correctement mais en plus ne saurons jamais pourquoi? La première
leçon, à la fois martiale et scientifique est donc:
"Reste humble et ne crois jamais avoir compris la nature".
Leçon
n°2: la recherche est un métier de longue haleine,
souvent frustrant, où la réussite est parfois autant
due à la chance qu'au talent. Les plus optimistes disent
que 95% de notre action quotidienne ne donne jamais rien. C'est
le 5% restant qui permet d'avancer. En Nin-jutsu aussi la progression
se fait par "à coups". On part de rien, on se
demande ce que l'on fait là, on se lance sur de fausses
pistes, on fait des essais, on se décourage par moment,
et tout se débloque un jour d'un coup, ce qui nous permet
de faire... un petit pas... où l'on retombe sur de nouveaux
problèmes à résoudre! Un seul moyen d'avancer
donc, en Nin-jutsu ou en science, c'est le travail. La seconde
leçon sera donc empruntée à un commentaire
d'Arnaud Cousergue, maintes fois repris par Jean-François:
"Rien ne résiste au travail".
Leçon
n°3: de nos jours la recherche est devenue extrêmement
compétitive. Elle est en mutation permanente pour suivre
les modes et les opportunités de financements. Du coup
le scientifique a de moins en moins de temps pour prendre du recul
et se poser des questions sur le sens son travail, occupé
qu'il est par ce "bruit de fond". Or le "bruit
de fond" est l'ennemi de la science: chaque expérience
est une conversation avec la nature, et nous devons être
en mesure d'écouter ce qu'elle a à nous raconter
(G. Schatz, 2000). Le travail au Dojo est l'occasion d'évoluer
dans un environnement sans bruit de fond, pour écouter
ce que la nature a à nous dire sur nous-même. C'est
à nous de tendre l'oreille, et le scientifique doit arriver
à faire pareil dans son laboratoire.
Leçon
n°4: le bon chercheur est un travailleur acharné, certes,
mais il doit accepter ses erreurs et savoir qu'elles font partie
intégrante du métier. Or, quoi de plus difficile
que de perdre la face et renoncer à une théorie
ou une hypothèse? Beaucoup n'y arrivent pas, d'autant plus
que la grande tradition du chercheur sociopathe et caractériel
favorise la loi de celui qui crie le plus fort... Pour un simple
problème d'ego, on peut s'aveugler et fourvoyer soi-même
et son équipe scientifiquement pendant longtemps (plusieurs
décennies parfois). Et qu'ai-je entendu au Dojo toute l'année?
: "Faites ce qui est demandé et pas ce que vous pensez
qu'il faut faire... enlevez l'ego, alors vous aurez la technique".
Leçon
n°5: le Nin-jutsu a mis en contact mon esprit très
occidental et cartésien avec d'autres façons de
penser, d'enseigner, de concevoir la vie, le corps humain et son
fonctionnement. Cela me renvoie à l'ouverture d'esprit
nécessaire à tout scientifique. "Le foisonnement
de la nature fait ma joie et je laisse les chimères de
la certitude aux politiciens et aux prédicateurs"
(S.J. Gould, 1977). Sans pour autant tomber systématiquement
dans la crédulité, il est bon de rappeler que ce
que nous appelons science aujourd'hui était par le passé
magie, sorcellerie, hérésie ou charlatanisme (Galilée,
Copernic, Newton, Darwin, Wegener...). Il n'y a aucune raison
pour que cela ne soit plus vrai aujourd'hui. Il est intéressant
de noter que les ninja ont exploité cet espace entre leur
science et la science de leurs contemporains: dans cet espace,
ils y ont glissé la "magie", entretenant ainsi
leur image démoniaque et surnaturelle (la marche sur l'eau
par exemple, n'est que l'exploitation de la poussée d'Archimède...).
Les ninja, de grands scientifiques de leur temps? Ce n'est peut-être
pas si loin de la vérité...
Pour
conclure je me conterai de reprendre la devise de l'école:
"Shikin Haramitsu Daiko Myo" qui peut se traduire par
"Dans toute expérience il y a un enseignement à
tirer". N'est-ce pas là le fondement de la démarche
scientifique? J'ignore si le Nin-jutsu fera de moi un meilleur
scientifique, mais j'espère qu'il fera de moi un chercheur
plus sage, à défaut d'un effroyable ninja...
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