Hatsumi Sensei Soke du Bujinkan, dernieres écoles de Ninjas.
   
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Les témoignages des élèves :

Voici les témoignages de quelques (courageux) élèves....merci à eux....

 

jadounetteJADE :
Age : 17 ans
Etudiante
Témoignage sur l'année passée :

En temps que bachelière, l’influence des arts martiaux sur mes études se remarque peut-être moins que pour ceux qui appartiennent au monde du travail, mais en fait elle se fait de plus en plus présente sans que je m’en rende compte. Principalement au niveau de la force de ma volonté où j’arrive à me maintenir concentrée plus longtemps et à étudier plus efficacement. Je me force à écouter les cours ou à faire les contrôles au maximum de mes capacités même si je suis fatiguée ou si ce que l’on fait ne m’intéresse pas.En fait, la pratique des arts martiaux m’habitue à faire un effort permanent sur moi-même pour essayer de faire plus, de supporter avec calme ce qui m’aurait énervée très vite ou même à surmonter le stress.

Je pense que cela est dû en partie au fait que pendant les cours d’arts martiaux, on doit maîtriser la douleur que l’on ressent surtout quand les coups se répètent plusieurs fois de suite, c’est pesant psychologiquement.Pendant que l’on pratique, on essaye de faire le vide dans sa tête, de ne penser à rien. On nous apprend entre autre à faire chaque chose en étant concentrée que sur cette chose uniquement.

Ainsi, on en profite à fond puis on la fait mieux. L’enseignement apporte une force morale et une sérénité, et bien sûr un bien-être physique. Le corps devient plus résistant et plus souple. Se maintenir en bonne santé aide forcément pour tout.

En plus, ça augmente ma moyenne en sport. Les arts martiaux apportent aussi quelque chose d’important qui est l’assurance et la détermination. Pour les études, avoir confiance en soi et penser que l’on va réussir un examen joue beaucoup sur les résultats.

Cela doit surtout se ressentir pour les personnes qui ont un travail mêlé aux relations humaines, dans le commercial par exemple, qui veulent atteindre leur but et s’imposer.


Témoignage stage d'été :

Le stage de cette semaine a apporté beaucoup de choses sur des points complètement différents. Dans un premier temps, pratiquer pendant une semaine nous fait progresser en accéléré.

Je pense que l’on est capable d’endurer plus et plus longtemps. Un cours du soir ne me semblait pas plus long qu’une vingtaine de minutes. Les bases ont été reprises et solidifiées, d’autant plus qu’elles ont été revues depuis le tout début, avec des principes comme les différents déplacements de pieds par exemple.

Les techniques ont été revues une par une et plus en profondeur. D’autre part, le stage a été très complet ; on a aussi bien travaillé le corps à corps que les armes, ce qui a été agréable et reposant.

En plus, je trouve personnellement que ça a donné envie de s’inscrire aux cours de sabre. Dans un troisième temps, le stage a donné une idée plus concrète du niveau à atteindre dans la pratique, de l’histoire du ninjutsu et de toutes les connaissances qui s’y cachent.

Mais pendant toute la semaine, l’accent a surtout été mis sur les huit directions. Je pense qu’il faut surtout en retenir que les déplacements sont primordiaux devant les techniques.


joelJOEL :
Age : 24 ans

Lorsque je pense à la pratique, la première chose qui me vient à l’esprit est l’évolution, je me rappelle encore ce jour (il y a presque 2 ans maintenant) où je poussa la porte d’un dojo et y vis un enseignement selon la tradition du Budo, ce fut un univers à part entière qui s’ouvrit à moi, univers où la pratique n’est pas une finalité mais un moyen/chemin de vie pour parvenir à l’une des chose essentiel à mes yeux, la connaissance de soi.La vie est mouvement, rythme… la pratique, fait partie de la vie et évolue donc en circonstance, les outils mis à notre disposition dans la pratique du ninjutsu sont multiples : ex : le principe des cinq éléments, ils sont utiles à tous niveaux : vie professionnelle, personnel, etc…car ils permettent de réagir en fonction des circonstances et d’utiliser l’élément le plus adéquat à la situation.
Ces principes ne se limitant pas non plus à l’aspect purement stratégique du combat, rappelons pour l’historique que les principaux Budo ont élaborés sur le GORIN NO SHO et que les cinq éléments sont également utilisés en Chine et même en Inde dans la médecine ayurvédique datant de 5 millénaire ! on peut donc imaginer la richesse de ces principes. A cet effet,, c’est l’homme tout entier que l’on fait évoluer, partant du grossier vers le subtil : CHI vers KU (terre vers l’éther) dans l’ordre : CHI ,SUI, KA, FU, KU.

En effet, la pratique permet de travailler sur les différents aspects de l’homme : physique, émotionnel et mental.

La pratique est une sorte de retour au source où l’on s’exprime sans artifice, simplement l’être dans toute sa splendeur, sans égo ni mental, sans limitation, dans le rythme de la conscience où la technique s’en trouve transcendé. L’autre n’étant là que pour révéler notre excellence, il y a union, la connaissance prend le dessus sur l’ignorance, l’amour détruit la haine, il suffit de voir un kata de sabre par Virginie et Jean-François pour se rendre compte de manière pratique de tous ces principes qui font la beauté ainsi que de la richesse de cet art !

Pour arriver à ce résultat, que ce soit en ninjutsu ou en sabre, il faut avant tout calmer le mental, c’est pour cela que nous avons tendance dans un premier temps à épuiser le mental et le physique pour que l’on puisse commencer à travailler sur soi de manière plus subtil et en sensation, base de notre art.
Ce travail pour calmer le mental n’est plus nécessaire à un certain niveau, (c’est loin d’être mon cas, surtout en nin !), mais il a l’avantage de permettre aux pratiquants de former leurs corps et donc de travailler sur la première marche à gravir, poser des fondations stable, un corps musclé et puissant. Le CHI.


La symbolique du dojo en tant que lieu saint de pratique est très importante à mes yeux car il permet par respect de la tradition dans un premier temps d’être dans une attitude sérieuse de travail et dans sa symbolique d’évacuer les maux de la journée de mettre le mental dans des conditions adéquates de travail, c’est à dire au repos !


Tout ceci, demande bien entendu beaucoup d’investissement, de sincérité, de sérieux ainsi que de sacrifice, ce qui n’est rien au vue de la naissance qui s’opère en nous en tout point de vue.


Je trouve le terme français « Sentier, Voie » (en image du migi japonais) intéressant car le chemin n‘est pas toujours indiqué sur un sentier, il convient donc d’être vigilant à ne pas tomber dans les différents pièges et limitations de l’esprit que l’on peut rencontrer au cours de la pratique.
Ce fut mon cas, heureusement, Jean-François est là pour veiller à notre évolution, c’est parfois lui-même qui nous tend volontiers un piège dans le but de nous faire prendre conscience de nos propres limites et du travail qu’il y a à faire.

Cela peut s’apparenter à de l’éducation, j’estime que lorsque nous commençons la pratique, nous sommes des enfants en accord avec notre époque, des victimes consententes ou débordés par cette société de consommation…au fut et à mesure du temps et de la pratique, on se rend compte de l’évolution et du goût de notre vie qui change, pour quelqu’un de plutôt introverti comme moi, on prend confiance, on devient très serein et calme, on ne répond plus à son supérieur que parce que le mental est chamboulé et l’énervement prend le dessus, on gère tranquillement le stress, la peur, toutes les limitations du mental qui sont travaillés continuellement au dojo (nos propres limitation sont nos freins à l’évolution) les relations sont totalement changés et le résultat est tout autre !!

Puis au passe au stade de l’adolescence, je dirais que cela correspond plus à ma deuxième année ou tout est passé du blanc au noir pendant quelques mois…puis enfin au stade d’adulte et donc d’homme agissant en son âme et conscience ayant brulé toutes les limitations de l’égo et du mental, car au final la seule limitation d’une personne est elle-même et se connaître, c’est connaître l’univers tout entier !


MATHIEU :
Age : 20 ans
Etudiant en Médecine
Mathieu Genuini, étudiant en deuxième année de médecine à la Faculté de médecine Paris Descartes (fusion des CHU Cochin-Necker-Broussais)

J’ai débuté l’apprentissage du ninjutsu en septembre, depuis je pratique régulièrement.
Pour commencer je dirais que jai appris à travailler sur mon corps, la perception que j’en ai, connaître ses limites ses capacités cela me permettant de mieux le contrôler que ce soit purement physique mais aussi dans les relations sociales, les rapports humains que je peux avoir au cours de mon cursus médical et dans ma vie en général.



Arriver à donner une image de moi qui est en accord avec ce que je suis.

Le travail sur le corps implique forcément un travail sur l’esprit puisque les deux sont intimement liés, on apprend à sentir, comme je l’ai déjà dit la perception est importante dans l’enseignement du ninjutsu cette perception est uniquement sensorielle il ne s’agit pas de télépathie ou autres capacités surnaturelles, il s’agit d’utiliser ses cinq sens au maximum ce qui est une chose que l’on oublie beaucoup trop souvent de faire.
Cinq sens c’est déjà énorme avec ça on peut observer interroger ausculter palper percuter (en médecine 4 sens suffisent à présent car il n’est plus nécessaire de goûter les urines…)… Ceci constitue la base de l’examen clinique en médecine et permet déjà d’orienter vers un diagnostic de comprendre de quoi souffre un patient.
Quel lien alors entre cet examen qui est le fondement de la médecine et la pratique du budo ?
Le budo me fait aussi travailler la perception de l’autre de son corps et de l’esprit qui l‘anime, il permet de développer les sens de manière, d’une part, à mieux se connaître et, d’autre part, à augmenter sa réceptivité vis-à-vis du monde phénoménal, tout en gardant le recul de sa conscience.
Ce recul qui permet de ne laisser transparaître que les émotions qu’on veut bien montrer et de ne pas perdre de vue ce pourquoi on est présent. Cela rend possible l’attitude de neutralité bienveillante très importante en médecine. En effet, s’il est important de bien comprendre la personne que l’on a en face de soi, il est primordial pour apporter de l’aide que l’image que l’on donne à son patient soit positive.
Il faut essayer d’avoir la vision la plus globale possible afin d’être le plus objectif possible, je pense que travailler à cela est très utile dans la vie, quelque soit notre profession quelques soient nos convictions.

Je pense que cet enseignement ne m’a pas métamorphosé mais il m’aide à être en accord avec la façon de vivre que je désire. De plus, je ne fais que débuter et je ne peux pas mesurer exactement tout ce qu’il qm’ouvre comme perspectives nouvelles.



olivier OLIVIER :
Age : 43 ans

Après 9 mois de pratique, l'enseignement de Maître Beaudart m'a déjà apporté bien plus que la simple pratique d'un art de combat. C'est plus une philosophie de vie (que j'avais peut-être déjà au fond de moi, mais qu'il suffisait de révéler un peu plus) qui me vient a l'esprit. Et grâce a cela, je dirais que les bénéfices immédiats, pour ma vie de tous les jours, me semblent être les suivants:
Controle de soi, permettant d’être opérationnel, ou tout au moins efficace, même dans des situations délicates et difficiles à gérer.

La pratique du Nin ou du sabre permet d'accepter 3 choses inhérentes à toute vie sociale:



- La notion d'attaque, qu'elle soit verbale (confrontation d’idées au bureau) ou physique. Cette acceptation nous évite d'être pris au dépourvu et donc de manquer de réactivité face à une nouvelle situation (concurrent très "agressif" commercialement sur notre secteur, nouveau job, etc...)
- La canalisation de ses craintes ou doutes. Nous en avons tous, qu'ils soient liés à notre physique, niveau d'étude, réussite scolaire ou professionnelle, peur du vide, de l'eau, etc...Cette canalisation nous permet de "calmer le jeu", et être à même de réfléchir sereinement et objectivement.

- De la confrontation, ou contradiction naît l'action. Sans partenaire, point de combat, sans attaque, point de parade ! Pareillement, sans équipe de travail ni collaborateur, pas d'émancipation, ni de nouvelles idées, ni de développement !

- Ouverture d'esprit, permettant de trouver des solutions à la majorité des problèmes de la vie professionnelle ou privée.

- Toute erreur doit être acceptée, car c'est la seule manière de progresser. C'est la phrase de salut du Dojo, mais c'est avant tout l'une des premières leçons de vie: La notion de progrès passe systématiquement par une phase de recherche (et donc d'erreurs), dont nous tirons les enseignements.

- Il n'y a jamais qu'une seule solution à une difficulté. La recherche d'autres possibilités (ou différents types de parades et ripostes en Nin) fait progresser. Tout n'est pas inscrit dans les livres, c'est à nous qu'il appartient de trouver d'autres moyens pour arriver à nos fins. Seule notre imagination nous permettra de protéger notre planète, changer de profession pour survenir aux besoins de notre famille, ou ...développer un nouveau logiciel d'exploitation que tous les ordinateurs du monde utiliseront (Zut, trop tard !)

- La sensibilité nécessaire à toute action. La logique et la réflexion sont bien sûr importantes avant l'action, mais nous avons trop tendance à masquer notre "ressenti" ou instinct. Or, c'est grâce à lui que l'homme a survécu, voire que certaines espèces arrivent à pressentir des catastrophes. Notre cerveau a trop tendance à "prendre la main".

Détente et sérénité, indispensables à une vie équilibrée entre travail et famille.

- La maîtrise d'un art amène toujours à un certain bien-être, car il y a accord entre ce que nous ressentons et ce que nous réalisons vraiment.
- Les tensions (ou le stress) proviennent souvent d'un déséquilibre entre ce que nous voulions faire et le résultat obtenu (vie professionnelle ne se développant pas comme nous l'avions imaginé il y a 10 ans,surcharge de travail alors que nous devions partir plus tôt...).
La sérénité permet de relativiser et de se recentrer sur ce qui est vraiment important.

- Inversement, la confiance en soi (non excessive) ainsi que le bien être procuré par le Nin, peuvent être bénéfiquement renvoyés sur les autres, et donc amener un équilibre indispensable à un épanouissement familial ou professionnel.



arnaudARNAUD :
Age : 33 ans
Chef de Projet
L’enseignement du ninjutsu en soit n’est pas une finalité mais un travail sur soi-même. Là ou d’autres sports ou arts martiaux ne semblent révéler qu’une partie de nous (parce que souvent mal pratiqués), le ninjutsu oblige le pratiquant à comprendre ses forces, faiblesses et surtout incite à apprendre. Apprendre, dans la vie de tous les jours, apprendre des autres, et apprendre à se connaître.
Chaque homme dans sa vie active se retrouve à un moment ou un autre confronté à un problème. La où certains pourront baisser les bras, le pratiquant essaiera de comprendre les choses et de ne pas voir simplement le problème.

Ce n’est pas parce le pratiquant est différent des autres, mais parce que sa pratique physique, l’amène à aller au-delà de ce que l’on voit.

Dans ma vie professionnelle, l’enseignement du ninjutsu m’apporte le calme face à des réactions abusives, la sérénité car aucun problème n’est insurmontable, et surtout la confiance en moi. Car j’apprends à travers mes réactions un nouveau langage, un langage à déchiffrer, à étudier.

Jean-François Beaudart nous enseigne certes le ninjutsu, mais d’une façon moderne et innovante, qui nous lie les uns aux autres par le respect mutuel, et par la pratique d’un art millénaire


GILLES :
Age :

Je ressens une plus grande confiance en moi et un apaisement dans mon corps.
J’ai un boulot où je ne bouge pas beaucoup.
Le fait de pratiquer me permets de me dépenser et de sentir une énergie qui me donne envie d’aller plus loin.
En pratiquant, je me prends moins la tête sur les problèmes que l’on rencontre au boulot.
Les arts martiaux me donnent des ailes et m’encourage à me battre.
J’envisage de changer de boulot et de m’orienter vers quelque chose qui va plus avec mon caractère.
Je prends de plus en plus confiance en moi.
Dans la vie, il faut de temps en temps prendre des risques et je pense que les arts martiaux vont pouvoir m’aider à atteindre mon nouvel objectif professionnel.
Je désire trouver un emploi dans la sécurité, protéger les gens ou bien me lancer dans le commerce en vendant des produits Japonais.
Les arts martiaux sont l’une de mes passions et faire ce que l’on aime dans la vie nous permets de voir plus clair.
Il y a quelques années, j’étais dans la police en tant qu’Adjoint de Sécurité.
J’ai été formé pendant un mois et demi.
J’ai trouvé la formation trop courte et je ne me suis pas senti près à me retrouver dans la rue avec une arme à feu.
J’ai donc changé de boulot et aujourd’hui avec ce que je ressens, je sais que les arts martiaux m’aurait permis de vaincre se doute.
Aujourd’hui, je commence à avancer et à mieux me connaître.
Pratiquer permets de faire une recherche sur soi-même et d’affronter les problèmes quotidiens que l’ont trouvent dans la vie professionnels et dans la vie en général.


GREGORY :
Age : 31 ans
Conseiller de clientèle bancaire
De la maternelle jusqu’à l’aboutissement de notre scolarité, nous étudions auprès de nombreux enseignants.
Sans eux, comment aurions-nous appris à écrire, lire ou calculer ?
Si nous n’avons personne pour nous montrer comment nous y prendre, nous avons beaucoup de mal à réaliser quoi que ce soit.
En dehors de l’école, le mot « Maître » désigne celui qui nous montre « le Chemin » ou « la Voie ».
Cependant, un Maître (Senseï en japonais) ne dira pas à son disciple : « Je suis ton Gourou ».
Il n’y a que le disciple qui puisse choisir son enseignant.

Ceci étant, un vieux proverbe tibétain dit : « Lorsque le disciple est mûr, le Maître apparaît »

En Août 2003, j’étais au bord de la dépression.
Usé par une situation professionnelle peu épanouissante et continuellement perturbé par la peur de l’inconnu, l’ignorance et le doute quant à la finalité et au pourquoi de la Vie, je me disait « à quoi bon continuer ? ».

Je n’arrivais même plus à puiser à l’intérieur de moi la force pour mes actions extérieures.
A 29 ans, j’étais l’ombre de moi-même !
A cette époque, j’aurais tout donné pour lâcher prise, pour me libérer de mon personnage qui m’emprisonnait.
Je ne savais pas comment faire et il n’y avait personne pour m’indiquer une méthode.


« C’est dans le Silence et la solitude qu’on entend l’essentiel »

Ainsi, un soir alors que je rentrais du bureau, je ressenti une soudaine envie de m’inscrire dans un Dojo.
Je vous passe les détails et en septembre 2003, accompagné de mon ami Joël, j’assistais à mon 1er cours de Ninpô Taïjutsu, au sein du DOJO Alésia de Jean-François Beaudart.

Là, à l’intérieur de moi, je ressenti un «choc » !
J’avais, certes, déjà entendu parler de cette Voie (avec tout ce que cela peut véhiculer…) mais la découvrir «ailleurs que sur Internet », fut une toute autre réalité.
Je voyais Jean-François bouger (avec ou sans arme) avec fluidité, rapidité, précision, tout en faisant preuve d’efficacité, sans être « brute ».
Je n’avais pas saisi grand-chose mais l’expression qui me vint fût: «c’est magique » !
Sans tarder, je revins le cours suivant pour essayer.

Durant les premières semaines, porter le Kimono, faire le Salut et appartenir à un groupe de gens qui m’étaient jusqu’alors inconnus me mettaient mal à l’aise.
De plus, pendant les cours, je n’étais pas très attentif, je parlais et je plaisantais avec mes camarades.
Bref, je n’en faisais qu’à ma tête, persuadé que le simple fait de venir au DOJO et pratiquer 5-6 heures par semaine ferait de moi le « Ninja invincible » (Vous savez, celui qu’on voit à la télé…).


« Shikin Haramitsu Daikômyo »

(Dans chacune de nos actions de la vie quotidienne il y a quelque chose à apprendre).

Au DOJO, les premières choses qui me furent enseignées furent la Discipline et l’Etique :
- A savoir : être propre avant de monter sur le Tatami, le saluer avant d’entrer et sortir, saluer son partenaire avant et après chaque exercice, respecter la loi Sempaï-Kohaï, se tenir assis et droit sur le Tatami, porter correctement le Kimono et ne consommer ni drogue, ni alcool sous peine de renvoi immédiat.

Ce passage bouleversa mes « petites habitudes quotidiennes », ma vision de la Vie et mes opinions, à tel point que je me demandais si je n’étais pas tombé dans une « secte » !
De plus, les remarques parfois « acides » de Jean-François et Virginie concernant ma pratique me rendaient nerveux car elles « appuyaient là où ça fait mal ».

J’avait beau me cacher la Vérité, je restais néanmoins bavard, dissipé, impoli (je coupais souvent la paroles aux autres), et avec un égo si « enflé » qu’il en devenait un barrage insurmontable pour moi-même.
Bref, j’étais « un petit con ».

Jean-François fit preuve de patience et d’indulgence car « la première année, il nous laisse nous amuser… ».
Je vous confirme qu’il n’attendit pas un an pour me « secouer les puces » !
Lorsqu’il estime que vous êtes « en bonne voie », il vous faut vous préparer physiquement et psychologiquement car tout en vous épaulant, il vous tendra des pièges; démarche nécessaire pour toute progression.


« Le but ultime de la spiritualité est la dissolution de l’égo »

Adhérer à une certaine description de soi-même facilite la vie en société mais ne nous aide pas pour l'exploration intérieure et ne peut pas nous rendre heureux !
En agissant de la sorte, je compris que c’était le seul moyen de me faire prendre conscience de mes défauts et les nettoyer à la racine.
Au bout de 2 ans, je viens seulement de commencer le travail !


« En Ninjutsu, avant de s’occuper de la tête, on commence par les pieds »

L’étude des KAMAE (postures) m’ont souvent paru rébarbatives voir inutiles. Pourtant, c’est véritablement la « clé de voûte » de la pratique. Grâce à elles, on bâtit les fondations de notre corps et de notre esprit. On doit les travailler à chaque cours. N’ayant pas assez passé de temps dessus, je repasse par la case « débutant » à la rentrée prochaine pour les approfondir.

Grâce au TEN RYAKU NO MAKI (ensemble des techniques d’esquives et de déplacements) et parce que le Ninjutsu symbolise l’art de la distance, je découvris que savoir bouger est la base.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, « prendre conscience de mes orteils » était pour moi nouveau.
Cette partie du TEN CHI JIN est très éprouvante et demande un travail constant durant toute la pratique.
Je ne vous cache pas que j’ai fais également l’erreur de ne pas assez l’approfondir.
A l’avenir, je m’y consacrerai entièrement car je veux progresser.

Le CHI RYAKU NO MAKI (torsions, contrôles, projections,…) me fit vite comprendre que « la puissance brutale » n’est pas toujours synonyme d’efficacité durant le combat.
De ce que j’ai pu retenir, l’important pour exécuter une technique, c’est d’abord se placer correctement pas rapport à Uke (le partenaire).
Ensuite, c’est répéter x et x fois la technique jusqu’à ce que le mouvement devienne un réflexe naturel.
Enfin, augmenter progressivement la vitesse d’exécution pour « vivre le mouvement naturellement ».
Aller trop vite et « mentaliser » ne sert à rien; Convaincu de tout comprendre, je cogitais sans cesse sur la technique au lieu d’en saisir le principe.

Le JIN RYAKU NO MAKI (Intersection entre les déplacements et les techniques) m’a permis de corriger mes problèmes de coordination corporelle, de mieux me situer dans l’espace, de développer mes sens et ma concentration et d’affiner mon intuition.

Le travail basé sur la GORIN STUPA (les 5 éléments) m’aide à mieux visualiser et ressentir le mouvement à exécuter. Cela me permet également de m’adapter selon la distance d’attaque de UKE et choisir la réponse adéquate.
Ce qui est fascinant avec les éléments, c’est qu’on peut les appliquer dans n’importe quel domaine (relations humaines, travail, attitudes, stratégie, …).
Serait-ce le «secret des secrets » ?


Ces deux premières années de pratique au sein du DOJO de Jean-François BEAUDART m’ont fait « grandir ».

Que ce soit sur le plan professionnel, relationnel ou de la vie privée, je suis aujourd’hui une personne plus équilibrée, positive et à l’écoute des autres.

Bien loin d’être un élève modèle, j’ai néanmoins pris la décision d’arrêter la musique pour m’y consacrer sérieusement à la rentrée prochaine.

La vie est trop courte pour que je perde mon temps dans des futilités.

Pour conclure, j’ai choisi 3 citations qui m’évoquent la pratique.


« Le héros quitte le monde des jours ordinaires pour s’aventurer dans la contrée du merveilleux surnaturel, y rencontre des forces fabuleuses et remporte une victoire décisive. Le héros revient de cette mystérieuse aventure avec le pouvoir de conférer des bienfaits à ses semblables »
(Joseph CAMPBELL)

« Le BUDO symbolise le travail sur l’Amour Divin et les lois de la création »
( Ô Senseï UYESHIBA)

« Jusqu’à ce que vous trouviez la Voie,
vous errerez de par le monde,
Le précieux Bouddha caché en vous.
Comme emballé dans un tas de chiffons.
… Déballez-le vite,
Ce précieux Bouddha qui est en vous ! » (Extrait du Soutra du Bouddha)


ANTOINE
Age : 26 ans
Chercheur en microbiologie et biologie moléculaire
"Qu'a apporté le Nin-jutsu à votre vie?" Ou plus prosaïquement "Pourquoi payez vous pour venir vous faire taper dessus deux fois par semaine?". Tout pratiquant un peu sensé se pose un jour ces questions, et se doit d'essayer d'y répondre. Nous avons tous poussé la porte d'un Dojo pour résoudre un problème, pour combler un manque, conscient ou non... Sur ce que m'a apporté le Nin-jutsu dans la vie en général, je pourrais en écrire des pages, et pas forcément des plus passionnantes et des plus originales. Je vais donc me limiter à ce que cet art martial a apporté à l'exercice de mon métier en particulier. De ma première année de pratique, je tire cinq leçons fondamentales, qui ne sont pas des secrets, mais seulement du bon sens, dont la banalité fera sans doute sourire mes collègues s'ils me lisent. L'avantage de la pratique est qu'on en voit tout de suite les effets concrets, et aujourd'hui je suis convaincu que beaucoup de chercheurs auraient bien besoin de faire un tour par un Dojo, et que la science ne s'en porterait que mieux.

Leçon n°1: la recherche est un métier d'humilité: avec des outils indirects et imparfaits, nous tentons de comprendre des phénomènes infiniment complexes qui nous dépassent et nous dépasseront toujours. Nous autres biologistes aurons toujours une image fausse, simplifiée et déformée du fonctionnement des organismes vivants. En Nin-jutsu même (et surtout!) le mouvement le plus anodin est en fait redoutablement profond et complexe. Quel débutant n'a jamais pensé que muso dori ou omote gyaku étaient faciles, alors que la plupart d'entre nous non seulement ne saurons jamais le faire correctement mais en plus ne saurons jamais pourquoi? La première leçon, à la fois martiale et scientifique est donc: "Reste humble et ne crois jamais avoir compris la nature".

Leçon n°2: la recherche est un métier de longue haleine, souvent frustrant, où la réussite est parfois autant due à la chance qu'au talent. Les plus optimistes disent que 95% de notre action quotidienne ne donne jamais rien. C'est le 5% restant qui permet d'avancer. En Nin-jutsu aussi la progression se fait par "à coups". On part de rien, on se demande ce que l'on fait là, on se lance sur de fausses pistes, on fait des essais, on se décourage par moment, et tout se débloque un jour d'un coup, ce qui nous permet de faire... un petit pas... où l'on retombe sur de nouveaux problèmes à résoudre! Un seul moyen d'avancer donc, en Nin-jutsu ou en science, c'est le travail. La seconde leçon sera donc empruntée à un commentaire d'Arnaud Cousergue, maintes fois repris par Jean-François: "Rien ne résiste au travail".

Leçon n°3: de nos jours la recherche est devenue extrêmement compétitive. Elle est en mutation permanente pour suivre les modes et les opportunités de financements. Du coup le scientifique a de moins en moins de temps pour prendre du recul et se poser des questions sur le sens son travail, occupé qu'il est par ce "bruit de fond". Or le "bruit de fond" est l'ennemi de la science: chaque expérience est une conversation avec la nature, et nous devons être en mesure d'écouter ce qu'elle a à nous raconter (G. Schatz, 2000). Le travail au Dojo est l'occasion d'évoluer dans un environnement sans bruit de fond, pour écouter ce que la nature a à nous dire sur nous-même. C'est à nous de tendre l'oreille, et le scientifique doit arriver à faire pareil dans son laboratoire.

Leçon n°4: le bon chercheur est un travailleur acharné, certes, mais il doit accepter ses erreurs et savoir qu'elles font partie intégrante du métier. Or, quoi de plus difficile que de perdre la face et renoncer à une théorie ou une hypothèse? Beaucoup n'y arrivent pas, d'autant plus que la grande tradition du chercheur sociopathe et caractériel favorise la loi de celui qui crie le plus fort... Pour un simple problème d'ego, on peut s'aveugler et fourvoyer soi-même et son équipe scientifiquement pendant longtemps (plusieurs décennies parfois). Et qu'ai-je entendu au Dojo toute l'année? : "Faites ce qui est demandé et pas ce que vous pensez qu'il faut faire... enlevez l'ego, alors vous aurez la technique".

Leçon n°5: le Nin-jutsu a mis en contact mon esprit très occidental et cartésien avec d'autres façons de penser, d'enseigner, de concevoir la vie, le corps humain et son fonctionnement. Cela me renvoie à l'ouverture d'esprit nécessaire à tout scientifique. "Le foisonnement de la nature fait ma joie et je laisse les chimères de la certitude aux politiciens et aux prédicateurs" (S.J. Gould, 1977). Sans pour autant tomber systématiquement dans la crédulité, il est bon de rappeler que ce que nous appelons science aujourd'hui était par le passé magie, sorcellerie, hérésie ou charlatanisme (Galilée, Copernic, Newton, Darwin, Wegener...). Il n'y a aucune raison pour que cela ne soit plus vrai aujourd'hui. Il est intéressant de noter que les ninja ont exploité cet espace entre leur science et la science de leurs contemporains: dans cet espace, ils y ont glissé la "magie", entretenant ainsi leur image démoniaque et surnaturelle (la marche sur l'eau par exemple, n'est que l'exploitation de la poussée d'Archimède...). Les ninja, de grands scientifiques de leur temps? Ce n'est peut-être pas si loin de la vérité...

Pour conclure je me conterai de reprendre la devise de l'école: "Shikin Haramitsu Daiko Myo" qui peut se traduire par "Dans toute expérience il y a un enseignement à tirer". N'est-ce pas là le fondement de la démarche scientifique? J'ignore si le Nin-jutsu fera de moi un meilleur scientifique, mais j'espère qu'il fera de moi un chercheur plus sage, à défaut d'un effroyable ninja...

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