Histoire
du Japon :
Brefs
rappels historiques :
Le
Japon est un pays jeune. Le néolithique ne s'est achevé
qu'au début de notre ère, l'écriture ne fait
son apparition que vers le Vème siècle et la féodalité
ne disparaît qu'en 1868. Son histoire est une succession
d'ouverture aux idées venues de civilisations étrangères
plus évoluées et de repli sur soi, permettant de
"digérer" les innovations. Tout comme la France,
même s'il n'est pas de bon ton de le rappeler, le Japon
est une terre qui a connu de nombreuses vagues d'émigration
et sa civilisation est fortement redevable aux Coréens
et aux Chinois.
C'est
un pays ayant peu de ressources naturelles, où la moindre
parcelle de terre est arrachée aux montagnes. Les richesses
de cour du Japon ancien ne doivent aucunement faire oublier la
précarité voire la misère des campagnes et
l'absence de véritables villes avant l'arrivée au
pouvoir des shoguns Tokugawa.
Époque
Jômon
-11 000 ans. Première civilisation, contemporaine du détachement
du continent asiatique. Chasseurs pêcheurs, grands consommateurs
de coquillages (amas de coquilles sur les sites des anciens villages).
Le nom Jômon vient du motif en corde utilisé pour
décorer les poteries, parfois imitées des bronzes
chinois.
Époque
Yayoi, Japon agricole
IIIème siècle av. J.C. Diffusion des techniques
d'agriculture depuis la Sibérie, la Chine voire le Pacifique
: riziculture irriguée. Les peuples de la culture Jômon
se fondent, plus ou moins pacifiquement avec les nouveaux arrivants,
essentiellement dans le sud du Japon. Les Aïnous de Hokkaïdo,
au Nord, sont les descendants non métissés des Jômon.
Construction
de la grande muraille de Chine, vers 210 av. J.C. par le Premier
Empereur Ts'in Che Houang Ti, d'où détournements
des raids de nomades sur la Corée et immigration coréenne
vers le Japon : apport du tour de potier et du bronze. Premiers
contacts du Japon, le pays des Wa, avec des marchands chinois.
Époque Kofun, âge
du fer
IVème siècle ap. J.C. "Kofun", littéralement
"vieille sépulture" : tumulus en forme de trou
de serrure recouvrant la tombe d'un chef de guerre. Rayonnement
de la culture du Yamato vers l'est du Japon et vers la Corée.
Effondrement des Han postérieurs, division de la Chine
en trois royaumes Wei (Nord), Chou Han (Ouest) et Wou (Centre).
Instabilité en Corée, apparition au Japon d'une
caste de guerriers à cheval, sous l'influence, ou la tutelle
d'immigrants coréens. Alliance avec les Wei, vers 240.
Fondation d'un royaume -ou d'un simple comptoir- japonais en Corée,
le Mimana (369), au contact direct des commanderies chinoises.
Multiplication des échanges entre Chine des Wei et Yamato.
Époque du Yamato
Apparition
de l'écriture, sur le modèle chinois, au Vème
siècle, dans la province de Nara, le Yamato. Création
rapide d'un état centralisé, sous l'influence du
clan Soga, grâce au retour des immigrés du royaume
japonais de Corée (565) : administration sinisée.
Contacts renoués avec la Chine des Souei.
Introduction
du bouddhisme pour contrer l'influence du clergé shintoïste
(d'où 50 ans de guerres claniques dans lesquelles la religion
n'est qu'un prétexte). En 592, le roi du Yamato devient
l'Empereur céleste "Tennô" du pays du soleil
levant "Ni-hon" et proclame son ascendance divine. Écriture
des mythes fondateurs du shintô : " Les généalogies
et les traditions historiques répandues dans toutes les
familles sont loin de la vérité et teintées
de mensonge. Si nous ne les corrigeons pas maintenant, sous peu
la vérité aura disparu " (Empereur Temmu).
Rédaction vers 712, en langue chinoise, du Kojiki, "recueil
des anciennes choses" et vers 720 du Nihongi ou Nihonkoshi,
"Chroniques du Japon".
La
famille royale donne naissance à des lignées féodales
qui dirigent les communautés paysannes. Écrasement
du clan Soga, qui menaçait la famille impériale,
en 645 ; arrivée au pouvoir des Fujiwara.
Époque de Nara 710-794.
Implantation définitive du bouddhisme. Fixation de la cour
dans une nouvelle capitale dont le plan et les monuments copient
la capitale des Tang. L'outillage de fer se répand, ainsi
que la sériciculture. Défrichement généralisé,
les nouvelles terres ne payant pas de redevances à la Cour.
Conquête de l'Est de l'archipel par des soldats laboureurs,
menés par un Sei i taishogun ("général
en chef contre les barbares") sur les indigènes, les
Ezo.
Enrichissement
et rivalités des grandes familles et des monastères.
Tentative de coup d'état du moine Dokyô, amant de
l' Impératrice, déjouée par les Fujiwara.
Départ de la cour à Heian .
Époque de Heian
(actuelle Kyoto)794-1185
Rupture des relations avec la Chine. Le clan Fujiwara qui s'illustre
en repoussant une invasion de nomades des steppes, fournit de
nombreuses impératrices. Contraste absolu entre des campagnes
misérables et une cour raffinée à l'excès,
encore soumise à l'influence des monastères. Reprise
de la centralisation.
Fondation
des sectes Tendai ( Saichô, 805) et Shingon (Kukai, 806)
sur le modèle chinois.
Longues
guerres entre les Heike (ou Taira, soutien de l'Empereur) et les
Gengi (Minamoto, partisans des Fujiwara) de 1156 à 1158.
Tentative de restauration impériale, schisme, saccage de
Heian.
Décimé
dans un premier temps, le clan Heike se reconstitue sous la houlette
de Minamoto Yoritomo et de son demi frère Yoshitsune. Noyade
du clan Taira en 1185 à Dan-no-ura, fin de la guerre de
Gempei et prise du pouvoir par Minamoto Yoritomo.
Époque de Kamakura
1185-1338
Minamoto Yoritomo, qui force son frère au suicide, est
nommé général en chef contre les barbares
"Sei-i-tai-Shôgun". Installation d'un gouvernement
militaire, le "Bakufu" (gouvernement de la tente) en
baie de Tokyo, à Kamakura. La cour et l'Empereur, vénéré
mais sans pouvoir, restent à Heian. Tentatives de réforme
de la société, en faisant appel à des hommes
nouveaux.
- Paix
intérieure : construction de routes favorisant le commerce
à longue distance. Amélioration de la riziculture
: traction animale et norias, d'où deux récoltes
annuelles.
- 1244
: introduction du Zen (secte Sôtô) au Japon par
Dôgen.
- Échec
des réformes, la bureaucratie de Kamakura se surajoutant
à celle des temples et de la cour.
- Échec,
en 1274 et 1281, de deux flottes d'invasions de l'empereur mongol
Kubilaï Khan (C.F. Marco Polo), la seconde anéantie
par un typhon providentiel, "Kamikaze" ou vent divin.
Mécontentement des guerriers frustrés de butin.
- Tentative
de restauration (Empereur Go-Daigo), guerre civile et schisme
(Dynastie du Sud, légitime, contre cour du Nord, illégitime
à Kyoto, jusqu'en 1392). Les paysans se réfugient
sous la tutelle des nobles locaux. Destruction de Kamakura,
prise du pouvoir par un Ashikaga, transfuge du Bakufu.
Époque
de Muromachi 1338-1600
Réinstallation
de l'Empereur légitime à Kyoto et fixation du Shogunat
Ashikaga à Muromachi, un faubourg de Kyoto. Réouverture
des contacts avec la Chine des Ming, perturbée par des
pirates japonais. Situation intérieure catastrophique à
partir de 1460 : autonomisme, guerres privées, de 1490
à 1600, jacqueries, incendie de Kyoto...
- Arrivée
des Portugais en 1543 à Tagenashima : mission de St François
Xavier.
- Ascension
d'Oda Nobunaga : christianisme favorisé pour contrebalancer
le bouddhisme.
-
Destruction des monastères guerriers. Lutte contre les
féodaux : emploi massif d'armes à feu à
Nagashina en 1575.
- Désarmement
des paysans, établissement d'un cadastre.
- Nobunaga
assassiné, son lieutenant Toyotomi Hideyoshi restaure
l'unité nationale.
- Généralisation
du cadastre, avec estimation de la valeur des terres en Koku
de riz produit.
- Gel
des classes sociales, association forcée de voisins solidaires
devant les délits et l'impôt.
- Élimination
des chrétiens, inutiles et pouvant favoriser une invasion
européenne.
- Invasions
de la Corée.
- Mort
d'Hyideyoshi. Son lieutenant Tokugawa Ieyasu devient Shogun
en 1600, ses descendants lui succéderont pendant trois
siècles, l'empereur étant réduit au rôle
de potiche.